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"Vayéshev"

Rav Dov Bigon

Ceci étant

Yossef et 'Hanouka

Un même message



A la synagogue, on lit les "Parachot" sur Yossef à la période de 'Hanouka" car les miracles opérés pour le Juste et pour notre peuple à l'époque du Second Temple répondaient à une nécessité similaire.

Yossef fut délivré d'un puits "Empli de serpents et de scorpions1 et resta "juste" en Egypte, l'incarnation de la corruption et de l'impureté. Libéré de prison où il avait été incarcéré pour une faute qu'il n'avait pas commise, il devint vice-roi de ce pays.

De même, à l'époque du Deuxième Temple, Israël était sous la domination des Hellènes et des Juifs assimilés à leur culture qui cherchaient à intégrer de force à l'empire ceux qui voulaient rester fidèles à leur patrimoine ancestral et faire disparaître leurs différences culturelles, et mirent tout en œuvre pour leur faire oublier la Torah et les "mitsvot". Ils étaient pareils à un homme croupissant dans sa fosse, entouré de serpents et de scorpions. Par miracle, les Asmonéens l'emportèrent sur les Hellènes et sur leurs sympathisants, un petit nombre sur une multitude, des faibles sur des forts2.

Après la victoire, ils allumèrent la "Ménora"3 au Temple, montrant à tous qu'ils venaient de passer des ténèbres à la lumière4, Lumière qui continue à rayonner de Jérusalem.

Ceci étant : Nous devons être pleinement convaincus que, constamment, "Jadis" comme "A notre époque"5 l'Eternel fait pour nous des miracles.

Après deux mille ans d'exil, nous sommes sortis du puits obscur, emplis de serpents et de scorpions, malgré les inlassables tentatives des nations et des religions pour nous souiller. Mais, tout comme Yossef, nous sommes passés du plus bas au plus haut, d'un Etat pauvre au début et puissant, à présent.

Mais cela ne suffit pas. Nous devons aussi nous fortifier dans tout ce qui touche au judaïsme, à la spiritualité et à la morale car "Sans vision prophétique, le peuple s'abandonne au désordre"6.

Quant à nous, nous avons pleinement confiance dans "Le caractère d'éternité d'Israël"7, et les tentatives visant à estomper notre identité, notre spécificité et notre vocation de "Peuple éternel" chargé d'éclairer les nations, ces tentatives seront condamnées à l'échec, tout comme la volonté d'éteindre la flamme qui brûle en nous. Cependant, nous devons exalter cette lumière, lumière de la Torah, de l'amour et de la foi, et approfondir notre connaissance sur notre singularité telle qu'elle s'est dévoilée tout le long de notre histoire, à notre époque, en particulier. Ce faisant nous verrons resplendir sur Sion une Lumière, nouvelle, au plus vite, de nos jours, Amen8.



Joyeuse fête de "'Hanouka" !

Dans l'attente de la Délivrance pleine et entière.

Dr Michaël Aboulafia

Comment guérir la peur de perdre son identité spécifique



Question : Agée de dix-sept ans, j'étudie dans un collège pour jeunes filles religieuses. Constamment, je vis dans l'angoisse que mes copines ne s'intéressent plus à moi. Que faire ?

Réponse : Il s'agit là d'une maladie de notre génération, extraordinaire, au demeurant, où chacun se voit comme le nombril du monde et qui, pourtant, recherche sa singularité.

L'une des meilleures dispositions à prendre consiste à améliorer son image de marque mais, pour ce faire, on doit principalement rechercher le bien d'autrui. Plus vous sortirez de votre "moi" pour voir, dans l'autre le bien, c'est-à-dire la profondeur, plus vous authentifierez le dicton : "Comme dans l'eau, le visage répond au visage, ainsi chez les hommes les cœurs se répondent9". Alors, vous recevrez l'honneur qui vous est dû, pourvu que vous le fuyez et que vous ne regardiez pas en arrière pour voir s'il vous suit bien ; ou, pour citer une Maxime des Pères : "Est dit digne d'honneurs celui qui honore les personnes comme il est dit : "J'honore qui M'honore ; et qui M'outrage sera livré au mépris".10

Oui, à notre génération, on doit vous honorer comme une "princesse", peu importe les insultes et les affronts que vous essuyez, un fait, aussi, de la génération où on veut écraser l'autre pour ne pas l'être soi-même. Loin de s'abaisser ainsi, on doit au contraire s'élever, entendu par-là, comprendre que, constamment, notre Père céleste veille sur nous et que Son regard ne dépend ni de la mode, ni de rires hystériques, ni de poses. Son regard et le vôtre sont liés par le sentiment de la "Crainte11 révérencielle" de l'Eternel (comme nom propre et comme adjectif).

Cette attitude d'esprit doit être le prélude à votre future vie constructrice de couple par laquelle vous mettrez pleinement à jour votre identité spécifique sans qu'aucun des deux partenaires ne cherche à s'attirer l'attention de l'autre.



(Traduit et adapté par Maïmon Retbi)

1 Rashi sur Gen. XXXVII, 24

2 D'après le passage du rituel des prières lu à "'Hanouka"

3 Candélabre à sept branches

4 D'après la "Havdala"

5 Cf. note 2

6 Sans rester fidèle aux enseignements des prophètes et de la Tradition en général ; Prov. XXIX, 18

7 Sam. I XV, 29

8 D'après les bénédictions adjacentes au "Shéma", rituel des prières ashkénaze

9 Prov. XXVII, 19

10 Sam. I, II, 3à Cité par Maximes des Pères 4, 1

11 Racine qui contient également l'idée de perception, --