"



Rav Dov Bigon

Shifra et Pouah, deux sages-femmes aux qualités morales à valeur individuelle et collective.



A l'époque de la captivité en Egypte, Shifra et Pouah étaient les sages-femmes en chef, pour ainsi dire1. Sifra, rapporte Rachi, était le surnom de Yokhéved, mère de Moïse, du fait de sa qualité principale, prodiguer un meilleur bien-être2 au bébé ; Pouah, celui de Miriam, sœur de Moïse, du fait qu'elle susurrait, à l'instar des femmes qui cherchent à calmer le nourrisson3. Elles se complétaient donc, travaillant au bon état physique du bébé, à sa santé, à ce qu'il reçût une alimentation convenable et qu'il fût protégé contre les intempéries. Elle lui procurait chaleur et amour, et le calmait lorsqu'il pleurait, avec calme et doigté pour lui permettre d'épanouir son âme en toute quiétude.

Ces deux éminentes personnalités de notre peuple incarnaient des valeurs qui valent, certes, pour les nourrissons, mais aussi pour l'homme, en général. Durant toute sa vie, il a également besoin des qualités qu'elles incarnaient, d'un meilleur bien-être, de chaleur, d'amour, de patience et de calme, qu'il les puise de son être intérieur ou de son entourage. En bref, "Un esprit sain dans un corps sain"4.

Ceci étant : Tout comme le simple particulier, la nation a aussi besoin de ces qualités spirituelles qu'incarnaient les deux Sages-femmes, pour améliorer son économie, sa subsistance et sa sécurité ; valeurs qui, depuis la création de l'Etat, ont toujours eu la priorité. Mais, peut-être, ce dernier a plus encore besoin de celles qu'incarnait Pouah, renforcer notre unité en multipliant les expressions d'amour, de foi, de tolérance de dialogues et de réconciliation entre les différents courants d'opinions.

Ce faisant, nous pourrons progresser ensemble sur le chemin souvent tortueux qui mène à la Délivrance pleine et entière que nous espérons voir se concrétiser au plus vite.



Dr Michaël Aboulafia

Quelques directives éducatives pour permettre à l'enfant d'acquérir son indépendance

Pour aider les enfants à acquérir leur indépendance, les parents doivent prendre en considération qu'ils doivent leur confier des responsabilités particulières en fonction de leur âge, de manière à ce qu'à dix-huit ans, ils puissent être à même d'assumer leur responsabilités envers leur propre personne, leur épouse et leur famille.

Il y a une étroite corrélation entre "indépendance" et "sens des responsabilités", et l'inverse. Lorsqu'un enfant perd ses affaires ou fait impunément du bruit lorsque son frère dort, c'est qu'il lui manque cette dimension, à chaque âge sa prise de responsabilité particulière que les parents, en "éducateurs", doivent mettre à profit pour préparer convenablement leurs enfants à être indépendants le jour venu, comme ci-dessus mentionné.

A deux ans, il doit savoir marcher dans la rue en tenant la main d'un adulte et ne plus se laisser porter dans les bras.

A trois ans, il doit pouvoir aller seul aux toilettes pour faire ses besoins.

A quatre ans, faire son lit.

A cinq ans, manger proprement.

A six ans, ranger sa chambre et même celle de quelqu'un d'autre.

A sept ans, étudier seul.

A huit ans, s'habiller seul.

A neuf ans, recevoir de l'argent sans le gaspiller.

A dix ans, aider à dresser la table.

A onze ans, faire la vaisselle.

A douze ans, faire des achats à l'épicerie.

A treize ans, garder son petit frère.

A quatorze ans, vivre en internat.

A quinze ans, réfléchir sur des abstractions.

A seize ans, faire du volontariat.

A dix-sept ans, définir les grandes lignes de ce qui l'intéresse, expressions de son âme dans ce qu'elle a d'intrinsèque.

A dix-huit ans, il doit être capable d'assumer des responsabilités vis-à-vis de son conjoint.

Mais à chaque stade, il est important de lui apprendre à distinguer entre "indépendance" et "opposition à ses parents".

(Traduit et adapté par Maïmon Retbi)

1 Shémot I, 15

2 -p-r

3 D'après Rachi sur op. Cit.

4 Juvénal, 10ème Satire