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"Shéla'h-Lékha"

Rav Elisha Aviner

Ce qui influence la jeunesse



Les enfants subissent l'influence de l'idéologie occidentale (valeurs et conceptions du monde) et de la sous-culture occidentale (culture des loisirs dans toute sa médiocrité). Mais, avant tout, ils sont soumis à son "style de vie".

En effet, nous vivons tous d'après ce "style" car l'Etat d'Israël est un Etat occidental pour ce qui touche à son économie, à son régime politique à sa technologie, etc., d'où l'importance de passer au crible fin l'influence de ce "style de vie".

Bien que ce "style" se prétende "neutre", il exerce une influence déterminante, ce qu'illustreront les deux faits suivants.

  1. Le caractère changeant de l'environnement

Le rythme rapide par lequel apparaissent les nouveautés technologiques crée une atmosphère de constant changement, un peu comme si l'on changeait chaque jour de mobilier. Bien que la technologie fasse partie de l'environnement, elle risque d'engendrer un sentiment d'instabilité du fait de ses fréquentes mutations. Certains considèrent ce phénomène comme positif : grandissant dans une ambiance en constant changement, les jeunes ne risquent pas de se scléroser mais donnent à la société son dynamisme. D'autres, en revanche, le considèrent comme négatif. Les secousses technologiques portent préjudice à la tranquillité, à la sérénité et à la stabilité spirituelle et psychologique. Tout est éphémère, tout se dissipe, tout n'est utile que tant que le nouveau modèle n'a pas encore fait son apparition, tout n'est que passager, valeurs, famille, identité personnelle.

b) La société occidentale est une société de consommation

On ne manque de rien ce qui est une bonne chose. Cependant elle invite aussi au superflu, en veux-tu, en voilà ! Elle se caractérise par des besoins accrus en produits utiles, inutiles ou superflus. En général, on peut se permettre un niveau de vie élevé et d'acheter à profusion des produits inutiles ce qui, en fait n'a rien de prohibé ; cependant, il risque d'être préjudiciable pour l'esprit, de le gâter exagérément et de le corrompre au point que, ne pouvant plus s'en passer, il risque de tomber dans le matérialisme.

L'action conjuguée d'un environnement en constant changement et d'une société de consommation qui permet et encourage le renouveau technologique engendre une attente impatiente du "Dernier" cri"". A preuve, les queues interminables devant les magasins au jour de la promotion d'un nouveau produit, phénomène qui n'est pas sans rappeler le comportement des sociétés affamées, les gens qui font la queue devant les points de rationnement.

Ainsi, la société occidentale engendre un syndrome de nouveauté en matière de technologie, une gloutonnerie, pour ainsi dire, qui n'épargne pas non plus les enfants qui, pris par le courant, attendent eux aussi avec impatience et avec délice le nouveau produit, même si l'ancien était déjà inutile.

Loin de rester théorique, l'attente en question a des incidences sur la famille. Les enfants font pression sur les parents pour acheter un appareil plus avancé. Ils dilapident leurs économies pour se le procurer. Dans cette société, les enfants ont aussi de l'argent, d'où une rivalité et un état constant d'insatiabilité. Sans parler du contenu déplorable de ces appareils !

Néanmoins, on peut lutter avec succès contre ce courant. Certes, on ne peut pas le faire disparaître parce que cette société a aussi des aspects positifs. Mais on peut le modérer, l'équilibrer et l'affiner. Si l'on n'a pas d'emprise sur l'atmosphère du dehors, on en a une, absolue, sur celle du dedans. On doit compenser celle de l'extérieur en insufflant plus d'équilibre, de stabilité et plus de pudeur par des relations et des activités permanentes avec les enfants, et en évitant de les habituer à leur acheter le "dernier cri", message éducatif de la première importance mais qui perd toute valeur si l'on ne donne pas soi-même le bon exemple.





Rav Yoram Eliahou

L'humilité est la qualité à avoir pour recevoir la Torah



Comme on sait, la Révélation Sinaïtique a eu lieu sur le mont le plus petit du Sinaï pour nous enseigner, d'emblée, l'importance de l'humilité, relativement à l'aptitude à recevoir la Torah, (à l'époque comme de nos jours). Ainsi, Moïse l'a reçue parce qu'il était précisément "L'homme le plus modeste au monde" (Nom. XII, 3).

De plus, on doit constamment avoir à l'esprit que, pour reprendre un enseignement du Rav Tzvi-Yéhouda Kook fondé sur une expression magistrale de Rabbi Yéhouda Halévi : "Tout vient de Lui et non pas de nous", qu'Il est l'origine et le principe de tout, de sorte que nous n'avons pas de quoi nous enorgueillir puisque c'est par Lui que nous sommes ce que nous sommes.

Lorsqu'on se pénètre de cette pensée, on a sur soi et sur l'extérieur une vision d'ensemble. Certes, on doit croire en la valeur de l'action mais savoir aussi qu'en réalité tout, répétons-le, émane de Lui. Ce faisant, on est à même de Le remercier, on ne se plaint plus de ce qu'on aurait dû recevoir et on ne risque plus de tomber dans la tristesse, travers qui se manifeste lorsqu'on estime qu'on aurait dû recevoir plus, que l'autre, en particulier, qu'on juge inférieur.

Lorsqu'on sait être humble, on ne saurait être triste puisqu'on comprend que, bien qu'on ne mérite rien, on reçoit tellement ! Et l'on s'emplit d'une joie immense, d'autant plus que, de tout évidence, on recevra de Dieu des bienfaits encore plus grands (inspiré de Moussar Avikha, 64).

De même, au niveau collectif, nous devons essayer d'œuvrer dans le sens voulu par Dieu, promouvoir la Délivrance, la prise de possession et l'épanouissement de notre Terre, ce qui ne va pas toujours de pair avec nos conceptions et notre volonté. Mais, là aussi, nous devons comprendre que, par-delà nos efforts, "Tout, on ne le répétera jamais assez, vient de Lui et non pas de nous", Lui qui connaît les Voies, les méandres et la complexité du processus de la Délivrance.



(Traduit et adapté par Maïmon Retbi)