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"Piné'has"

Rav Dov Bigon



Ceci étant

Les qualités d'âme du dirigeant authentique



Sur le point de mourir, en fidèle pasteur, Moïse, notre Maître demande à Dieu de désigner un dirigeant animé de l'Esprit divin mais aussi de l'esprit de chaque individu particulier afin d'être à même de comprendre tout le monde, chacun étant essentiellement différent d'autrui par son visage et par ses opinions (cf. Nom. XXVII, 15-18 et Rachi ad loc.).

La grandeur du dirigeant authentique réside dans le pouvoir d'unir la nation par-delà les différences, tout en respectant celles-ci, car chacun, du fait précisément de sa spécificité, contribue au bien de la collectivité et, inversement, à l'instar d'un organisme biologique.

Pour être un grand homme, il faut avoir reçu l'Esprit d'un grand homme, comme dans le cas de Josué par rapport à Moïse, ce dernier ayant appliqué les mains sur son disciple pour lui transmettre le Souffle divin.

Ceci étant : le peuple d'Israël tout entier a besoin d'un dirigeant inspiré du Souffle divin pour l'unifier, à une période où il est si divisé, afin que "la communauté de Dieu ne soit pas comme un troupeau sans berger" (ibid. XXVII, 17), dirigeant en qui il puisse avoir confiance, qui l'acheminerait vers la Délivrance malgré les vicissitudes du chemin et qui serait auréolé de l'Enseignement de Moïse ; de la sorte, notre peuple l'écouterait, agissant comme Dieu l'avait ordonné à Moïse et il n'en serait que plus respecté (d'après Rachi sur Nom. XXVII, 20).

Dans l'attente de la Délivrance pleine et entière.



Rav Shlomo Aviner

Le concept de "Considéré comme 'halavi" ou "bassari"



Tout d'abord, définissons les concepts utilisés dans cet article.

"'Halavi" : à base de lait, qui a contenu du lait.

"Bassari" : à base de viande qui a contenu de la viande.

 "Parvé" : neutre : qui n'est ni l'un ni l'autre.

"Considéré comme…" … "'halavi" ou "bassari" : l'objet de cet article.

L'expression est moderne. Elle s'applique à un aliment "neutre" qu'on a cuisiné dans un ustensile "'halavi" ou "bassari". Nos Sages de la Michna et du Talmud employaient l'expression : "Aliment qui a reçu le goût d'un ustensile qui (lui-même) a reçu le goût (de lait ou de viande). " Concrètement, un aliment à base de lait a donné son goût à une marmite et celle-ci l'a retransmis à un aliment neutre.

Lorsqu'on a mélangé un aliment considéré comme ‘halavi à un aliment bassari ou inversement, l'aliment résultant du mélange est permis. Bien entendu, le mélange 'halavi et bassari est interdit. De même, le mélange d'un aliment 'halavi avec un aliment neutre qui a reçu le goût de viande, des pommes de terre, par exemple, cuisinées avec de la viande, le sont aussi car "Le goût à la même importance que l'aliment".

En revanche, un aliment 'halavi mélangé à un aliment considéré comme bassari ne sera pas interdit car le goût de celui-là est presque imperceptible (Yo. D. 95, §1-2).

A priori, pour les Séfarades, on pourra les mélanger, mais pas pour les Ashkénazes. Ces derniers le pourront néanmoins a posteriori (ibid.). Vouloir préparer un plat "Considéré comme…" pour le mélanger (question qui, bien entendu ne concerne que les Séfarades) fait l'objet d'une controverse. On fera bien de s'en abstenir (d'après l'éminent Rabbin 'Ovadia Yossef).

Par ustensile qui n'est pas "ben yomo", on entend, dans lequel ont n'a pas cuisiné durant 24 heures d'aliment 'halavi ou bassari. Il a le statut de "Qui gâte le goût (de l'aliment qu'il contient)" En conséquence, les Séfarades pourront d'emblée cuisiner un plat "Considéré comme…" pour le mélanger à un plat de l'autre sorte. A priori, les Ashkénazes pourront mélanger les deux plats s'ils les ont déjà cuisinés. En ce qui les concerne, cuisiner d'emblée un aliment "considéré comme…" pour le mélanger à un aliment de l'autre sorte fait l'objet d'une controverse (cf. "'hochmat Adam 58).

Les Décisionnaires sont unanimes à permettre de consommer un "aliment "Considéré comme…" dans un ustensile ayant contenu un aliment de l'autre sorte (Rama ad loc.).

Le statut du "'harif" (piquant) est plus rigoureux, ail ou oignons, par exemple. Si on les a cuisinés dans un ustensile bassari ou encore qu'on les ait coupés avec un couteau bassari, l'aliment "'harif" en question n'a pas le simple statut "D'être considéré comme…" mais celui "D'être véritablement bassari". On ne peut donc pas le mélanger avec lait. Si on a passé outre à l'interdiction, le plat est totalement interdit, à moins que l'un des deux composants soit "annulé", étant "Dans une proportion de moins d'un 60ème" de l'autre". En revanche, si l'ustensile n'est pas "Ben yomo", certains Décisionnaires permettent aux Séfarades de consommer l'aliment qu'il contient.

On ne doit pas attendre six heures après un aliment "considéré comme…" pour consommer un aliment de l'autre sorte. Si on a consommé un aliment considéré comme bassari, on pourra, immédiatement après, consommer un aliment 'halavi, et inversement.

On ne doit pas non plus attendre six heures dans le cas du "'harif".

Pour le chocolat : soit, par exemple le cas d'une usine qui produit du chocolat 'halavi. Si, ensuite, elle produit du chocolat neutre la machine introduit cette nouvelle sorte qui repousse et se substitue peu à peu au chocolat 'halavi et le lait finit par disparaître. On considère alors les traces qui restent dans les moules comme "annulées", étant "Dans une proportion de moins d'un 60ème". Bien qu'on ne nettoie pas la chaîne de production avant de faire du chocolat "neutre", ce dernier porte cependant ce qualificatif car il provient de moules considérés comme 'halavi après. On objectera peut-être qu'ayant attendu moins de 24 heures avant de produire le chocolat neutre, on ne pourrait donc pas le consommer avec de la viande. - En fait, ce genre de situation se présente rarement. Parfois, le fabricant prévient le consommateur que le chocolat risque de contenir des traces de lait. L'information n'est pas à caractère rabbinique mais médical et concerne ceux qui sont allergiques au lait. Quoi qu'il en soit, le chocolat "neutre" n'est pas 'halavi'.

(Traduit et adapté par Maïmon Retbi)