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"Pessa'h"

Rav Dov Bigon

"Que celui qui le désire vienne manger"


"Essentiellement, la lumière de la générosité est ce qui différencie Israël des (autres) peuples, lumière qui a fait sa première apparition avec notre ancêtre Abraham, de mémoire bénie… Le monde de l'idolâtrie et de l'athéisme ne connaît que lui-même et que la jouissance matérielle grossière. Les jouissances intellectuelles elles-mêmes ne font que les servir… ce qui n'est en rien le cas pour le patrimoine de Jacob (le peuple d'Israël). Chez nous, l'amour du bien ne provient pas d'un je-ne-sais-quel intérêt marginal mais de l'être même de notre âme qui aspire violemment au Bien divin, au bien de tous" ('Olat Réiya II, 264).

Ceci étant

"Pessa'h", l'incarnation du verset :

"Sa bannière qu'il a étendue sur moi, c'est l'amour" (Can. II, 4)


On a donné le nom de "Pessa'h" à cette fête car elle rappelle que, par Son immense amour, l'Eternel "passa'h", "Est passé (a épargné) sur les maisons d'Israël en Egypte quand Il frappa les Egyptiens et préserva nos maisons" (cf. Ex. XII, 26-27). Et Rashi (ad loc.) de souligner que, de la sorte, Il a dévoilé à tous Son immense amour pour Israël, ce qu'on doit faire savoir par transmission de génération en génération ; c'est là un commandement positif de la Torah (ibid. ibid., 27). Alors, "Le peuple s'inclina et se prosterna" (ibid.), à l'annonce de la Délivrance et de la possession d'Eretz-Israël, pour reprendre l'enseignement de Rachi (ad loc.). Bien qu'il fût encore asservi, il crut en Moïse et en l'amour de Dieu à son égard.

Cette histoire d'amour, pour ainsi dire, que nous racontons au soir du "Séder" se termine par la lecture du "Cantique des Cantiques, qui chante l'amour, sublime, qui unit l'Eternel à Son peuple. De ce poème, tout d'inspiration divine, Rabbi 'Akiva qui chérissait tant l'Eternel disait que "Jamais le monde n'avait autant valu la peine d'avoir été créé qu'au jour où Israël a reçu le Cantique des Cantiques ; car si tous les Hagiographes sont saints, le Cantique des Cantiques l'est on ne peut plus" (Traité Yadaïm 3, 5).

Ceci étant : A la table du "Séder", nous nous souvenons que, du début à la fin, le récit de la Sortie d'Egypte est une longue histoire d'amour, depuis que "Nous étions asservis à Pharaon en Egypte" jusqu'à "L'an prochain à Jérusalem reconstruite" ("Haggadah"). C'est dans l'adversité que ce dévoile l'authenticité de l'amour (d'après Sentier de Rectitude, 'Helké Ha'hassidout). Constamment, le peuple juif a prouvé l'authenticité de cet amour, conservant la pratique du "Séder même dans les situations les plus difficiles, au péril de sa vie, durant les persécutions de l'Inquisition, dans la clandestinité, durant l'époque de l'Holocauste, dans les camps de concentration et d'extermination, etc. Même alors, il n'a pas cessé de lire la "Haggadah", louant et remerciant l'Eternel pour l'immensité de Son amour à son égard. Plus ils l'opprimaient, plus il se renforçait (inspiré de Ex. I, 12). De même que l'œuf dur que nous consommons à la nuit du "Séder" durcit d'autant plus qu'il cuit, ainsi, plus notre peuple souffre, plus il fortifie sa foi.

A notre génération, celle de la Renaissance, nous arrivons au terme de l'itinéraire, plusieurs fois millénaire, de l'Egypte à Jérusalem. Assurément, il est jonché d'obstacles et bien sinueux. Pourtant, malgré les "oppresseurs", de l'intérieur comme de l'extérieur, et autres ennemis qui, par millions, ne cessent de vouloir notre mal, pour nous, "Brebis entourée de loups " (Sources passim), l'Eternel ne cesse d'accomplir de grands miracles. Nous percevons déjà la lumière à la fin du tunnel, le retour des dispersés et la reconstruction de Jérusalem. Le jour est proche où nous verrons se concrétiser l'acte de foi, constamment affirmé dans nos prières ('"Amida") : "Toi, Eternel qui pour leurs descendants (ceux des Patriarches), prépare l'arrivée du Sauveur (le Messie), pour Ton Nom, avec amour". Ce faisant, nous assisterons à la reconstruction du Temple, consommerons les offrandes pascales et chanterons Tes louanges dans un cantique, nouveau, pour célébrer notre Délivrance (d'après "Haggadah").

Joyeuse fête de "Pessa'h" !

Hadassa Gué'hali

On investit et on ne voit pas de résultats


Constamment, les parents se demandent s'ils ont raison de se sentir en tout responsables de l'éducation de leurs enfants eux qui, comme disent-ils, feraient tout pour eux !

La "cellule familiale" est le milieu ambiant où l'enfant s'épanouit, apprend à se discipliner, à assumer ses responsabilités, à s'organiser, à se contenter de ce qu'il y a, à se maîtriser, etc. Sans l'apprentissage de ces valeurs, il ne saurait exprimer son potentiel ni donner sa pleine mesure. "Il est très intelligent, pour reprendre un leitmotiv des parents, mais il ne veut pas étudier".

Lors d'un congrès sur les risques auxquels sont exposés les enfants israéliens, on a fait la constatation bien pénible que ceux-ci étaient parmi les premiers au monde dans les trois domaines suivants :

  1. Le manque de sommeil –

Ils traînent ce manque avec eux durant des années, avec les graves conséquences qu'il engendre : taux de complexe élevé, problèmes d'attention et de concentration, nervosité, agressivité et impulsivité. Les parents ne sont pas conscients des incidences éducatives de cet état de fait ou ne savent pas comment apprendre à leurs enfants à s'assumer, que s'ils veulent arriver à l'heure à l'école ou au jardin d'enfant, ils doivent se coucher tôt. En fait, le manque de sommeil touche non seulement la planification et l'organisation de leur temps mais encore le manque de soins pour leurs affaires.

  1. Une alimentation malsaine –

Ils absorbent une énorme quantité d'aliments malsains ce qui, plus tard, leur portera préjudice. Ils préfèrent acheter de la nourriture sur-place plutôt que d'en prendre de chez eux sans avoir la moindre idée de tout ce que cela coûte à leurs parents.

Et que dire des portables ?! Dès la 6ème, ils ont tous les portables possibles et inimaginables, avec tous les dangers qu'ils représentent, sans parler des frais qu'ils occasionnent. A l'école primaire, le portable ne se justifie pas. Quoi qu'il en soit, les enfants n'apprécient pas les efforts que déploient leurs parents ni, d'ailleurs, ce qu'ils ont, vivant constamment dans le sentiment de manque, de besoin.

  1. La passivité –

Chaque jour, ils passent de nombreuses heures dans cet état. La passivité affecte de nombreux domaines. On doit les occuper car, incapables de créer, ou de penser, ils s'ennuient. Ils ne sont pas capables non plus de distinguer entre ce qu'ils aiment et ce qui leur fait défaut, s'énervent et sortent de leurs gonds pour un rien. A une époque où on donne tant de cours à l'intention des parents, où on diffuse tant de connaissances en matière d'éducation et de psychologie, les parents ont perdu le pouvoir d'exercer une influence sur le potentiel de leurs enfants et de dialoguer véritablement avec eux. Il leur est difficile de dire "Non, ce n'est pas de ton âge !". D'ailleurs, les enfants ne savent pas accepter un refus sans entrer dans tous leurs états. Ils ont aussi du mal à leur inculquer la retenue et la patience, et lorsque leurs parent parlent ensemble, ils ont du mal à attendre patiemment qu'ils terminent, ils veulent "tout tout de suite".

Assurément, les parents feraient tout pour leurs enfants ; pourtant, ils ne forment pas véritablement un tout avec eux. Rares sont ceux qui consacrent du temps à parler face-à-face avec eux. En général, la communication s'effectue par l'intermédiaire du portable, ce qui se paie bien cher !

La "Haggadah" de "Pessa'h" est un livre éducatif vivant, humain, centré sur le réel, qui nous unit à nos enfants. Il est une réponse possible à la perplexité mentionnée au début de cet article.



Puissions-nous mériter la Délivrance pleine et entière !

(Traduit et adapté par Maïmon Retbi)