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Rav Dov Bigon

La haine d'Israël ne date pas d'hier !


S'adressant à des dirigeants musulmans, le chef d'état malais leur a dit : "Les musulmans du monde entier, un milliard trois cents millions, doivent s'unir contre le peuple juif et l'Etat d'Israël", sous les ovations de l'auditoire musulman et l'accord tacite et même explicite des dirigeants chrétiens. Par ces propos, il reprenait à son compte l'idéologie hitlérienne.

Cette sinistre tradition ne date pas d'hier. Elle trouve sa première expression chez Nimrod (nom qui contient l'idée de "révolte") qui a incité et dirigé la révolte de l'humanité contre Dieu. Pour réaliser cette unité, ils ont érigé ensemble la Tour de Babel en disant : "Allons, bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet atteigne le ciel. Faisons-nous un nom, afin de ne pas être dispersés sur toute la surface de la terre" (Gen. XI, 4). Par cette entreprise, ils visaient à éteindre la "Lumière de l'Humanité", celle de notre ancêtre Abraham qui commençait à poindre. C'est pourquoi "Celui qui lit dans les pensée" les a précisément dispersés pour récuser leur unité fondée sur la révolte et dirigée contre Lui.

Au début, l'humanité, réunie en un seul endroit, ne parlait qu'une seule langue ; mais Dieu la dispersa et chaque nation se mit à parler la sienne (cf. ibid. XI 6-8). L'entreprise, le Psalmiste l'a décrite ainsi : "Car voilà que Tes ennemis, Eternel, voilà que Tes ennemis succombent, que se disloquent tous les ouvriers du mal" (Ps. XCII, 10).

Ceci étant : La tentative de la génération de la Tour de Babel avec, à sa tête, Nimrod, l'homme de la révolte, d'éteindre la Lumière de l'Humanité n'a pas cessé. Les soixante-dix fils de Noa'h ont donné naissance aux "soixante-dix loups" (sources passim) qui, depuis des millénaires, voudraient dévorer la "brebis", Israël, ce que déplorait déjà le Roi David : "Pourquoi les peuples se démènent-ils et les nations agitent-elles de vains projets ? Les rois de la terre se soulèvent, les princes se liguent ensemble contre l'Eternel et Son Oint (David ; Ps. II, 1-2) ?"

Tout comme jadis, ils échoueront dans leur entreprise et le jour est proche où se réalisera la prophétie : "Tu les briseras avec un sceptre de fer, Tu les broieras comme un vase de potier" (Ibid. II, 9). Face à la volonté de se liguer contre nous, nous devons nous unir comme un seul homme, d'un cœur unique, et comprendre que notre combat est celui de la Lumière contre les Ténèbres et que nous en sortirons vainqueurs. De la sorte, nous verrons se réaliser la célèbre prophétie où loups et moutons vivront en harmonie et où la Connaissance divine emplira l'Humanité (cf. Is. XI, 6-9). Partant, celle-ci reconnaîtra que "Sa Royauté (celle de l'Eternel) domine toute chose" (Ibid. CIII, 19).

Dans l'attente de la Délivrance pleine et entière.



Rav Shlomo Aviner

Pour le Judaïsme, la "civilisation des loisirs"

a-t-elle véritablement un sens ?


L'étude de la Torah est si importante qu'on peut se demander si, pour le judaïsme, le concept de "temps libre" a une signification véritable ; et si oui, comment l'occuper ? La question prend toute son acuité à la période dite de "bèn Hazémanim" (trois périodes de l'année de plusieurs semaines chacune où ceux qui étudient en "yéshiva" prennent des vacances). Sur cette question, on peut distinguer deux approches principales, chez les "Premiers" et les "Derniers Décisionnaires".

La première –

Elle est incarnée, entre autres, par l'auteur du "Michna Béroura". Pour lui, il n'y a pas de "temps libres" car on doit consacrer tout son temps à l'Etude, sous peine d'enfreindre l'interdiction de la délaisser. On ne peut la suspendre que pour pratiquer d'autres "mitsvot" ou pour subvenir à ses besoins vitaux, s'alimenter, dormir ou travailler, par exemple.

La deuxième approche –

On n'est pas tenu de consacrer tous ses moments libres à l'Etude et on peut aussi s'occuper d'autres choses mais il est hautement souhaitable de s'efforcer d'étudier le plus possible, opinion incarnée, entre autres, par le Rav Kook, dans un article qui traite de cette question (Maamaré Haréiya, page 198).

Dès lors, on comprend que la période de "bèn hazémanim" n'a pas véritablement sa raison d'être. Certes, elle est d'origine talmudique mais elle n'avait pour but que de permettre de travailler (Traité Bérakhot 35 b), c'est-à-dire de remplir à une nécessité. Quant à cet usage toujours en vigueur, nombreux sont les Décisionnaires qui l'ont condamné, le Maharal de Prague et l'auteur du Chéla, en particulier.

Le Maharal de Prague –

Il écrit en substance qu'il s'agit de l'un des travers les plus graves de notre époque car l'Etude devient contingente, interrompue systématiquement à plusieurs périodes de l'année pour laisser place à un laxisme grandement répréhensible même si, à l'époque talmudique, cette interruption momentanée dans l'Etude avait sa raison d'être (Daroush 'al HaTorah 26 a).

L'auteur du "Chéla" –

"Puisse cette expression, écrit-il, disparaître irrémédiablement !" (Séfer Hachéla, 181).

Lorsqu'on décide d'entrer en "yéshiva", c'est qu'on voit dans l'Etude une vocation exclusive, ne serait-ce que pour quelques bonnes années. Si, pour telle raison de force majeure, on doit provisoirement la suspendre, on doit remplir son temps par des occupations de première nécessité : faire les courses, entretenir la maison, réparer ce qui doit l'être, étudier des disciplines profanes si plus tard on pense travailler, etc., ou accomplir de bonnes actions, envers sa famille, les voisins, les pauvres, les malades, les petits enfants, etc., ce ne sont pas les occasions qui manquent !

Assurément, on peut aussi faire des excursions, pourvu qu'on respecte les lois rabbiniques qui les régissent, les règles de la pudeur et le sérieux. Les distractions, écrit Maïmonide (Shémoné Pérakim, Pérek k5) ont également une valeur si elles répondent à un besoin réel de changer d'air, mais on ne saurait exagérer. Deux mois et demi de "bèn hazémanim", c'est trop ! En moyenne, un travailleur à droit à un jour de vacance par mois, soit douze jours par an (et non pas soixante-dix). On n'a pas besoin de congés aussi longs pour reprendre des forces.

En conclusion, on doit occuper son temps par l'Etude, l'accomplissement de bonnes actions ou de choses indispensables.

(Traduit et adapté par Maïmon Retbi)