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"Mikets"

Dr Michaël Aboulafia

Dix conseils pour combattre la paresse du fils adolescent

Agé de quinze ans, il est constamment fatigué. Chez lui, il ne bouge pas le petit doigt, un "Fieffé paresseux", comme vous dites ! Inerte il reste allongé sur le divan du salon, se couche et se lève tard

  1. L'enfant peut se buter lorsqu'on est trop après lui. Ainsi, le matin, il ne voudra pas se lever parce qu'il vous voit planté devant lui, stressé à la pensée qu'il risque d'arriver en retard à l'école, avec tout le tort que cela peut lui faire. En prenant sur vous ses responsabilités, vous risquez de lui retirer la motivation de se lever parce qu'il se sent partiellement déculpabilisé.

  2. La lourdeur de ses mouvements est d'origine hormonale. Son corps est en mutation, reçoit une dose considérable d'hormones et grandit d'environ quinze centimètres par an, ce qui mérite réflexion.

  3. Essentiellement, il lui manque la possibilité de s'occuper par lui-même. Il ne s'amuse plus avec des jeux de constructions sur le tapis mais ne parvient pas encore à subvenir à ses besoins. Il doit donc apprendre la créativité, l'activité corporelle, la lecture et la vie en collectivité de manière positive.

  4. L'adolescent est révolté parce qu'il ne veut qu'une chose, faire ce que ses parents ne veulent pas, une raison de plus pour ne pas trop le solliciter et pour renforcer les liens avec lui.

  5. Souvent, il se représente le monde comme une jungle, avec ses conflits et ses défis, ce qui l'épouvante parce qu'il se sent encore petit et qu'il vit encore dans l'illusion qu'il peut retrouver la douceur enfantine. Le fait qu'il est inerte et qu'il va se coucher tard crée en lui une réalité qui le dispense de se mesurer avec le réel, raison de plus pour ne pas être trop derrière lui et de faire de la maison un lieu de délice.

  6. Bien qu'on comprenne pleinement la situation dans laquelle il se trouve, on doit cependant l'atteler aux tâches familiales, ne serait-ce que lui demander de ranger sa chambre, par exemple.

  7. A cet âge, l'épanouissement du monde de l'imagination est l'objectif dominant. L'adolescent ne l'atteint convenablement qu'en prenant le temps de rêver et de transformer la solitude en isolement édificateur.

  8. Selon le professeur Rothenberg, éduquer les jeunes procède d'un "Tsimtsoum", "Rétrécissement"1 de sa personne, ce qui confirme encore l'obligation pour les parents de lâcher la bride, de se restreindre.

  9. Souvent, il est souhaitable de lui permettre de se lier avec un éducateur, c'est-à-dire avec une personnalité positive, un moniteur du "Béné 'Akiva", par exemple, ou de tout autre mouvement de jeunesse. Une ou deux fois par semaine, il établira des relations personnelles avec lui et, de son côté, celui-ci pourra aider l'adolescent à voir clair en lui sans papa et maman.

  10. Parfois, il est souhaitable de recourir à une assistance professionnelle.

Rav Eran Tamir

Le statut de la femme dans le judaïsme,

Une notion que l'ignorance a défigurée

Constamment, le statut de la femme dans le judaïsme et conséquemment, la vie de couple et la famille sont sur la sellette. Ces derniers temps, certains événements répercutés par les médias de façon tapageuse ont fait de cette question un sujet de confrontation entre des catégories de la population et des conceptions différentes. Les dangers et les conséquences de ces querelles perpétuelles risquent d'être incalculables et d'avoir une influence déterminante sur la société car le sujet qui concerne chacun d'entre nous et qui fait partie de la vie quotidienne est un fondement de la première importance.

Ceux qui ont méthodiquement analysé en profondeur la conception du judaïsme sur cette question savent pertinemment que ces attaques ont principalement pour origine les erreurs graves commises aussi bien par ceux qui attaquent que par ceux qui se défendent. L'ignorance parfois abyssale du sujet en est la cause car elle le présente de façon superficielle et mensongère. De plus, en coupant les Sources de leur contexte, on donne à penser que le judaïsme méprise et même bafoue la femme. L'esprit critique utilisé à des fins insidieuses et le féminisme moderne, terrains favorables au combat, persuadent facilement que le judaïsme est une forme d'obscurantisme du fait, répétons-le, de l'absence totale de connaissances en la matière. L'ignorance entraîne une interprétation erronée et malveillante des Sources. Ainsi, de l'enseignement : "Lorsque la femme fut créée, le Satan"2 le fut aussi", on en conclut que nos Sages identifient l'un à l'autre. De "Parler beaucoup avec elle, on finit par descendre en enfer", on en conclut qu'ils disent de s'en couper totalement", etc.

Ce sujet, de la première importance, devrait faire l'objet de plusieurs articles.

(Traduit et adapté par Maïmon Retbi)

1 Originellement, concept cabaliste. "L'Infini" s'est, pour ainsi dire "rétréci" pour permettre au créé d'accéder à l'être

2 Nom commun, en hébreu, "L'acte déviateur", et non pas un nom propre, comme l'a compris à tort le christianisme