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"Lekh-Lékha"

Dr Michaël Aboulafia

De l'obligation, après les fêtes, de reprendre pied avec le corps.



La période qui suit les grandes fêtes de "tishri" est l'occasion rêvée de se renouveler, renouvellement qui, avant tout, concerne les habitudes corporelles.

Revenir en Eretz-Israël c'est aussi revenir à l'unité âme--corps comme cela était le cas avant la Diaspora, en le respectant, en mangeant comme il faut et en se livrant quotidiennement à des activités sportives.

Nous ne souhaitons pas opérer une "téchouva" uniquement religieuse mais bien aussi corporelle. A titre d'exemple : les aliments que nos consommons sont très riches en sels, en sucres, en graisses et en produits chimiques. En Eretz-Israël, on doit veiller à avoir une alimentation frugale, équilibrée et, principalement, naturelle et saine. A présent, on ne saurait craindre véritablement l'Eternel, aspirer à la sainteté et à la pureté et parallèlement, continuer à absorber des boissons contenant des colorants chimiques, ou encore, vouloir pratiquer dans la joie le culte dû à l'Eternel sans activités corporelles quotidiennes : course à pied durant une demi-heure, marche rapide ou tout autre sport.

Le corps a aussi sa volonté. Certes, il ne nous la dit pas explicitement mais la fait savoir implicitement par les terribles conséquences d'une alimentation défectueuse ou d'un manque d'activités corporelles, par exemple.

En homme avisé, le Rav Volber, de mémoire bénie, qui dirigeait la yéshiva de Béer Yaacov, encourageait vivement ses élèves de faire du football pour qu'ils ne risquent pas de pâtir du manque d'activités physiques et de s'emplir de complexes et de tensions. De nombreux patients ont recours à une assistance psychologique parce qu'ils sont dans cet état, en crise caractériel, angoissés ou qu'ils souffrent de troubles digestifs. Or, bien souvent, la manière de s'unir au corps est de la plus grande importance. Entre autres, elle permet aux écoliers d'améliorer leur pouvoir de concentration et aux couples, de mieux dialoguer, en faisant tous les soirs de la marche rapide durant une demi-heure.

Tout cela, nous le savons mais souvent nous nous obstinons à négliger le corps bien qu'après deux millénaires d'exil nous ayons recouvré notre Terre, notre identité, notre âme et notre Dieu !




Rav Yoram Eliyahou

La prière un don de Dieu

A propos du verset : "Aucun buisson sauvage ne paraissait encore sur la terre et aucune herbe sauvage n'avait encore poussé car Dieu n'avait pas fait pleuvoir sur la terre et il n'y avait pas d'hommes pour cultiver le sol",1 Rachi explique que tout ce que Dieu avait créé n'existait encore qu'en potentiel et ne se matérialisait que peu à peu durant les six "jours"2 successifs de la Création. Ainsi, les plantes, prêtes à pousser, ne firent effectivement leur apparition qu'au "sixième jour" parce que jusque là il ne pleuvait pas car il n'y avait encore personne pour cultiver le sol et reconnaître les bienfaits des pluies. Lorsqu'Adam apparut et comprit leur importance, il se mit à prier pour qu'il pleuve et les plantes se mirent à pousser3.

De là, on apprend l'importance de la prière. L'Eternel a créé l'univers en six stades successifs, chacun ayant son essence et son rôle intrinsèques. Cependant, la Création devait patienter jusqu'à ce qu'Adam se mette à prier. Cette immense abondance qu'elle contient ne pouvait se concrétiser que lorsque l'Eternel exauça la prière du premier homme. Par-là, ce dernier devenait apte, répétons-le, à apprécier les bienfaits de l'Eternel et le pouvoir immense de la prière. Mais celle-ci n'a pas uniquement pour but de satisfaire aux besoins de l'homme mais elle est aussi "Le plus cacher4 des plaisirs"5, pour reprendre une affirmation du Rav Kook. Elle permet d'établir une relation directe entre l'âme et le Créateur qui permet de comprendre par l'inverse en quoi la "malédiction du serpent" fut, à la lettre, un châtiment6 véritable. =Expliquons.

L'Eternel lui dit : "Tu te nourriras de poussière tous les jours de ta vie"7, malédiction en apparence bien surprenante puisque le serpent trouvait partout sa subsistance sans devoir implorer l'Eternel pour la recevoir !? Or c'est en cela, précisément, qu'elle réside, le serpent étant désormais privé de sa relation à l'Eternel qui passe essentiellement par la prière, don merveilleux qu'Il nous a octroyé.

Constamment, nous devons l'approfondir et comprendre son essence et sa valeur pour ne pas risquer de la galvauder, de la déprécier et même parfois, à Dieu ne plaise, de s'en dispenser.

(Traduit et adapté par Maïmon Retbi)

1 Gen. II, 5

2 Stades

3 D'après Rachi ad loc.

4 Conforme aux exigences de la Torah

5 'Olat Haréiya 13

6 Gen. III, 14

7 Ibid. ibid. 14