"

"Ki Tavo"


La "téchouva" à l'égard de l'honneur dû à l'Eternel a la préséance sur toutes les autres. Leur tenant lieu de fondement, sa Lumière se dévoilera à la période qui précède immédiatement l'arrivée du Messie et inclura les modes d'expression des autres "téchouvot" qui lui sont subordonnées (Orot Hatéchouva IV, 8).



Rav Dov Bigon

Ceci étant



Rapprocher ceux qui sont éloignés

et remettre sur pied ceux qui sont tombés



En Israël, l'aspiration à la "justice sociale" n'est pas un phénomène historique d'actualité mais une revendication fondamentale de la Torah. Elle ne concerne pas seulement l'homme mais aussi, l'animal, "L'âne' de ton prochain, égaré", qu'on doit restituer à son propriétaire, ou couché sous le poids du fardeau, qu'on doit relever (cf. Deut. XXII, 1), et Rachi (ad loc.) de mettre en évidence l'interdiction de se dérober à l'interdiction ce qui vaut d'autant plus pour des personnes "égarées" qui ont "perdu leur route" et qui ne savent plus "où elles en sont". Loin de fermer les yeux, on doit chercher à les rapprocher et à leur insuffler force, soutien, vie et à les faire revenir vers Dieu.

Tout comme l'animal, l'homme peut tomber sous le fardeau du travail, des dettes, de la maladie, des problèmes familiaux et autres ; on doit lui aussi le "remettre sur pied".

Ceci étant : à l'époque historique du Retour des Dispersés, nombreux sont ceux qui, en Israël comme à l'étranger, cherchent encore leur voie. Les aider à se retrouver, à revenir vers leur famille, leur peuple, leur Terre et vers Dieu est une "mitsva" de la première importance. Certains, accablés de malheurs ont besoin de notre aide pour se relever et recouvrer leur dignité d'Homme. Ne sommes-nous pas tous solidaires (d'après Sources passim) ?! Par l'entraide, nous nous renforcerons et consoliderons davantage encore notre unité. Ce faisant, nous bénéficierons d'un plein réconfort et de la Délivrance, au plus vite, de nos jours, amen.

Dans l'attente de la Délivrance pleine et entière.





Rav 'Eran Tamir

"Le Bien-aimé" - "L'oncle", aussi



On a donné de nombreuses explications au caractère intrinsèque du mois "d'éloul", mois où, par la "téchouva", on se prépare à "Rosh-Hashana", "Kippour" et "Hoshana Raba" (jours de jugements).

Se fondant sur des enseignements traditionnels, l'auteur du Mishna Béroura explique qu'à la néoménie de ce mois, Moïse est remonté sur le Mont Sinaï pour recevoir à nouveau de Dieu les Tables de l'Alliance, période où l'Eternel nous est particulièrement favorable, fait que les exégètes ont corroboré.

Durant les quarante jours qui séparent la néoménie d'éloul à Kippour, le "Bien-aimé", Dieu, est proche de Son peuple, Israël, comme analysé en détail dans l'article paru il y a une semaine, "proximité" bidirectionnelle. En fait, le sens premier du mot "dodi" (Cant. VI, 3 et passim) est "Mon Oncle", "lecture" moins connue mais qui a aussi ses profondeurs et sa légitimité. D'emblée, elle suscite l'étonnement : la relation de Dieu à l'homme n'est-elle pas plutôt comparable à celle d'un père à son fils ou d'un roi à son serviteur plutôt que celle d'un oncle à son neveu ?! Le Métsoudat David (Cant. I, 2) explique que cette relation se fonde sur "l'amitié", "Yédidout", c'est-à-dire une relation d'affection librement consentie et non pas imposée comme dans la famille ou la domesticité, relation qui implique le libre-choix, la volonté et l'appartenance, le mot "dod", "oncle", et "yédid", ami", étant de la même racine (dalet-dalet ; selon une opinion digne d'être prise en considération, les racines hébraïques, , ayant deux lettres et non pas trois, la troisième ayant valeur de préfixe ou de suffixe), entendu par-là, le témoignage d'amitié et d'affection de l'oncle pour son neveu, lien qui, répétons-le, contrairement aux autres, n'est pas d'ordre coercitif. Mais ce "plus d'être" a aussi son revers, choisir le mal au lieu du bien et, à Dieu ne plaise, risquer de se détacher de "l'Oncle".

A ces considérations, le Rav Shimshon Réfaël Hirsh propose une exégèse supplémentaire du mot "dod" qui limite le danger du libre-arbitre, comprendre la racine "dalet-dalet" de ce mot comme signifiant le "sein maternel" "dad" d'où le bébé puise nécessairement sa vie, étant dans l'impossibilité de se "séparer" de lui car c'est de lui qu'il trouve sa subsistance, allégorie qu'il est facile d'extrapoler pour illustrer la nature des relations complexes qui unissent notre peuple à Son "Ami", Son "Oncle", Sa "Mère nourricière" et "Son Bien-aimé" d'un tout harmonieux qui maintient l'équilibre entre "libre-arbitre" et "nécessité".

(Traduit et adapté par Maïmon Retbi)