"

"Rosh Hashana"

Rav Dov Bigon

Ceci étant

Téchouva individuelle et téchouva collective

Il existe deux formes de téchouva, la téchouva au niveau individuel et collectif. La première, l'abandon par l'individu de sa mauvaise conduite ; la deuxième, le retour de l'ensemble du peuple juif sur la terre de ses ancêtres" (Ecrits du Rav Yéhouda Elcalaï, 384), enseignement appris directement de la Torah. Il est écrit : "Dieu ramènera alors ceux qui auront survécu et Il aura pitié de toi. L'Eternel, ton Dieu, te rassemblera à nouveau du sein de toutes les nations où Il t'aura dispersé Dieu retirera les barrières de vos coeurs et des coeurs de tes descendants, pour que tu aimes l'Eternel, ton Dieu, de tout ton coeur et de toute ton âme. Ainsi survivras-tu" (Deut. XXX, 3-6). Dans le même esprit, le Rav Kook écrit : "La renaissance nationale est le principe de la grande téchouva, sublime, et celle de l'humanité tout entière qui la suivra (Orot Hatéchouva 17, 1).

Il y a une différence pour analyser l'enseignement de Ribi Yéhouda Elcalaï- entre le fait d'être en Diaspora et celui de vivre en Eretz-Israël. Là, se concrétise l'alliance d'interdépendance, ce qui n'est pas le cas en Diaspora. En ce sens, à propos du verset : "Le caché concerne l'Eternel notre Dieu ; mais le révélé s'applique à nous et à nos enfants pour toujours pour que nous observions toutes les paroles de cette Torah" (Nom XXIV, 28), Rachi explique : "L'Eternel ne vous punira pas sur ce qui est caché qui Le concerne (uniquement) mais le simple particulier qui, à Dieu ne plaise, incline à se détourner de Lui car (Il ne peut pas rendre l'individu responsable des fautes cachées commises par les autres puisqu') on ne sait pas où autrui a caché ses trésors (ses fautes). En revanche, le révélé s'applique à nous et à nos enfants, faire disparaître ceux qui, parmi nous, font le mal ; si nous ne leur faisons pas justice, l'Eternel châtiera la collectivité, ce qui ne vaut qu'en Eretz-Israël où l'alliance d'interdépendance a été contractée, sur les monts Guérisïm et 'Eval" (Rashi ad loc.), pas avant.

Ceci étant : notre génération a bien de quoi se réjouir d'effectuer une téchouva collective, entendu par là revenir sur sa terre et voir se concrétiser la prophétie de la Torah : "Dieu retirera les barrières de vos cœurs et des coeurs de tes descendants" (Deut. XXX, 3-6), les mots en caractères gras formant en hébreu le mot "éloul". Ainsi s'effectue sous nos yeux une téchouva collective "Par amour" (par opposition à une téchouva "Par crainte"), ce qu'on exprime, entre autres, par la prière : "Pour le bien de leurs descendants (ceux des Patriarches), l'Eternel œuvre à l'avènement du Sauveur (du Messie), en Son Nom, avec amour" ("Amida").

Le jour est proche où se concrétisera également la célèbre prophétie d'Ezéchiel, souvent citée dans ces articles de par son importance : regrouper les dispersés de tous les pays en les faisant revenir sur leur Terre, jeter sur eux des eaux pures et leur donner un cœur et un esprit nouveaux (d'après Ez. XXXVI).

Dans l'attente de la délivrance pleine et entière.


Bonne et heureuse année !



Rav Elisha Aviner

La "Guerre des Parents"

(Partie II)


(Dans cet article, le Rav Elisha Aviner condamne la controverse qui oppose ceux qui sont pour et contre les établissements scolaires où étudient ensemble filles et garçons et propose des solutions pour la dépasser).


Certains parents traditionnalistes ne mènent pas une vie entièrement religieuse ; pourtant, ils sont intéressés à ce que leurs enfants la vivent pleinement et soutiennent l'orientation donnée par l'école, y-compris la "séparation". C'est pourquoi même si l'atmosphère familiale et scolaire diffèrent, l'éducation a de grandes chances de réussir. En revanche, si la famille montre du mépris pour les normes religieuses de l'école, on doit craindre le contraire ; peu importe que les parents trouvent qu'elle est trop stricte, "extrémiste", comme ils disent, ou trop souple, "mitigée". Dans les deux cas, les élèves reçoivent des messages éducatifs contradictoires, gage d'échec assuré, même si les différences de conception sont minimes. Si elle n'est pas la continuation de la maison, son influence est négative et parfois même préjudiciable.

Il y a une solution au problème : séparer les forces. Il y a suffisamment d'élèves pour choisir l'école qui correspond le mieux aux conceptions des parents, comme cela se passe dans les lycées sans que personne ne trouve rien à redire. Or ces considérations ne portent-elles pas atteinte à "l'unité", valeur de la première importance ? Assurément. C'est pourquoi, avant d'en venir là, on doit chercher sérieusement à savoir si les différences sont grandes au point de devoir y renoncer. Parfois, elles le sont bien moins qu'on l'aurait cru mais certains ont intérêt à attiser artificiellement la controverse pour empêcher de créer cette unité. Néanmoins, des personnes qualifiées peuvent faire disparaître des clivages artificiels. Le mieux est qu'au nom de l'unité les parents soient prêts à faire des compromis et à respecter les opinions des autres même s'ils ne les partagent pas, quitte à compléter chez eux ce qu'ils estiment nécessaire. Mais l'expérience enseigne que lorsque les différences idéologiques sont trop grandes et que "l'unité" requiert des concessions trop profondes, les parents ne sont plus à même de trouver un modus vivendi et la séparation est alors préférable à une unité imposée de force à laquelle on fait encore semblant de croire mais qui, tôt ou tard, éclatera avec fracas.

S'il n'y a pas assez d'élèves pour justifier la création de deux écoles, les parents doivent trancher à la majorité pour que leurs enfants reçoivent une éducation qui satisfasse, au moins, aux conceptions du plus grand nombre.

Les parents ne sont pas toujours conscients des fondements des controverses idéologiques ni de leurs incidences sur l'éducation. C'est pourquoi il est souhaitable de leur exposer honnêtement les différentes options pour qu'ils soient pleinement en mesure de choisir la voie qui correspond réellement à leurs conceptions.

Parfois, on argue qu'ils ne sont pas habilités à changer les normes de l'école sous prétexte que "Changer c'est se mettre en position d'infériorité" (Sources passim)) ; argument sans fondements car il est illogique de les tenir prisonniers de décisions et de normes prises il y a une génération, devenues de l'histoire ancienne, les seules critères d'appréciation à prendre en compte devant être d'ordre éducatif.

L'école on ne le répétera jamais assez- doit être la continuation de l'éducation des parents si elle ne veut pas se condamner à l'échec.

(Traduit et adapté par Maîmon Retbi)