αρ"γ

"Balak"

Rav Shlomo Aviner

Pourquoi porter la qipa ?



(Partie II)

(Dans cet article, le Rav explique que seules les "qipot" sobres sont autorisées).

Peut-on écrire sur elle des versets bibliques ou des proclamations de foi ? –

Il est interdit d'entrer aux toilettes avec des versets bibliques (entiers ou partiels) ou des enseignements écrits de la Torah. D'ailleurs, à l'instar de tout vêtement, il est bon que la qipa soit pudique et qu'elle n'attire pas l'attention.

L'utiliser à fins publicitaires ? –

Non, pour la même raison. L'interdiction vaut également si elle a des images.

Doit-elle nécessairement être ronde ou peut-elle être aussi carrée ou hexagonale ? –

Pour la même raison, elle doit être "normale" et non pas excentrique.

Peut-on porter des couvre-chefs d'une autre religion, musulmane, chrétienne ou extrême-orientale, par exemple ? -

Non, pour ne pas enfreindre l'interdiction de suivre les lois des non Juifs.

Peut-on porter une large bande vide à la partie centrale de la tête en guise de qipa ?

Non, pour la même raison.

Une qipa noire a-t-elle une dignité plus grande qu'une qipa d'une autre couleur ? –

Oui, car aux générations précédentes elles étaient généralement noires. Néanmoins, d'après la loi rabbinique établie, ce n'est pas obligatoire.

Si on n'a pas de qipa, un parapluie peut-il en tenir lieu ? -

Non, car elle doit être posée directement sur la tête. Néanmoins, comme ci-dessus mentionné, la manche étendue peut y pallier.

Lorsqu'on commet une transgression, qu'on aille, par exemple, dans un lieu de distraction interdit, doit-on la retirer pour ne pas profaner l'Eternel ? –

Non, car elle témoigne de ce que, foncièrement, on Le craint et qu'on croit encore en Lui même en fautant.

Si elle tombe durant la 'Amida ? –

On la ramassera car il n'y a pas "interruption" lorsqu'on se déplace pour une raison justifiée.

Faire une bénédiction ou prier sans qipa font l'objet d'une controverse. Suivant la loi rabbinique établie, on ne devra pas les refaire.

Lorsqu'on craint de se montrer en qipa en milieu non juif, doit-on quand-même la porter ? –

Non, on se contentera d'un chapeau qui passe inaperçu.

Demanderait-on à un invité non religieux d'en porter une ? –

Non, on doit le respecter, lui et sa manière de vivre. Un jour, un jeune homme entra chez le Rav Tzvi-Yéhouda et mit une qipa.

"Pourquoi", lui demanda le grand Maître ?

Doit-on l'embrasser après l'avoir ramassée ? –

Non, car elle n'est pas "objet de culte".

Lorsqu'elle est usée, doit-on la mettre à la "guéniza" (endroit spécialement réservé à entreposer écrits et objets de culte saints devenus hors d'usage) ? –

Non, pour la même raison.

Lorsqu'on prie, doit-on avoir une qipa plus grande ? –

Oui car on est alors considéré comme étant "En présence du Roi" et qu'on doit être empli de la crainte du Sacré. Si, durant la journée, on ne porte pas de qipa convenable, on ne saurait persévérer dans l'erreur durant la prière.

La jeune fille-doit-elle porter un couvre-chef ? -

Tel n'est pas l'usage. Certes, il exprime la crainte de l'Eternel, ce à quoi elle est également astreinte. Néanmoins on l'en dispense, à l'instar de nombreuses autres "mitsvot" car, généralement, explique le Maharal de Prague, les femmes améliorent plus facilement leurs qualités morales, la crainte de l'Eternel, par exemple, que les hommes. Néanmoins, signalons en passant que dans certaines communautés les petites filles se couvraient la tête lorsqu'elles étudiaient la Torah (cf. Responsa Yé'havé Da'at) mais, là non plus, tel n'est pas l'usage en vigueur (responsa Tsits Eli'ézer).









Dr Michaël Aboulafia

En matière d'éducation, on doit faire preuve de créativité



Sachons mettre un terme à l'état de stress !

Question : Jeune mère, j'ai trois enfants. L'aîné a quatre ans. Le soir, mon mari et moi ne parvenons pas à les coucher ni à leur imposer de limites. Que faire ?

Réponse : En général, dans ce genre de situation, on doit se comporter comme on l'a vu faire de ses parents ou d'ailleurs ou comme on l'estime judicieux.

On peut toujours changer de perspective et comprendre que l'épreuve, qu'on passe par les enfants ou par tout autre intermédiaire, élève au dessus de la nature celui qui l'a surmontée. C'est pourquoi les enfants ne grandissent, que si, pour ainsi dire, les parents font de même.

Lorsque se crée une réalité nouvelle, on doit la saisir comme un tout et, simplement, voir en elle une étape de plus. D'abord, on doit se détendre car, en tant que réalité nouvelle, elle requiert une prise de position nouvelle elle aussi : surprendre et faire montre de créativité, art qui ne s'accomplit que lorsqu'on est détendu, libéré enfin de l'état de stress que cause l'obligation de ne pas abdiquer, facteur de troubles que l'intelligence voudrait supprimer ou au moins dominer. Sous cette emprise, vous ne demandez qu'une chose, qu'ils aillent se coucher. Détendue, en revanche, vous pourriez leur raconter des histoires. Ce pouvoir et la muse littéraire en général dépendent précisément de cette expression de sérénité. C'est pourquoi on doit favoriser ce qui y contribue. Pour certains, le sport ou une marche quotidienne ; pour d'autres, une douche matin et soir, etc.

Alors, on peut passer à la deuxième étape, créatrice, forger une réalité nouvelle, comme ci-dessus mentionnée, qui a le pouvoir de surprendre : aujourd'hui, on écoutera de la musique et on dansera avec ses enfants. Demain, on fera une balade nocturne, on organisera des jeux ou encore on imaginera une petite pièce de théâtre sur un enseignement de nos Sages. La vie offre tant de possibilités de tirer le meilleur parti du temps et de l'espace ! Sagesse que les enfants exploitent si bien, eux qui font d'un drap une tente d'Indiens, ou d'un manche de balai, un fusil M-16. C'est pourquoi, saisir la réalité dans sa totalité c'est saisir ce qui l'incarne concrètement, les enfants, par exemple.

La troisième étape consiste à développer une manière de penser positive, entendu par-là, l'orienter vers l'esprit de profondeur. Pour cela, on aura à l'esprit, comme il a été déjà dit, l'obligation de réviser ses conceptions. Au lieu de fonder sa pensée sur la recherche d'une compréhension a priori, on la fondera sur une compréhension d'a posteriori. Ainsi, au lieu de gronder son enfant parce qu'il a frappé son frère, on viendra le trouver un quart d'heure après l'incident pour essayer de tirer au clair ce qui motivait ce comportement agressif, le but qu'il recherchait et la manière de lui apprendre comment l'atteindre sans recourir à la violence. On n'essaiera pas de trouver le coupable, mais on estimera que, peut-être, ils le sont tous les deux, et qu'il serait plus judicieux de faire en sorte que, dans la dispute, chacun prenne conscience de ses torts. La pensée devient positive lorsqu'elle est constructrice, lorsqu'elle se concrétise par la confrontation avec la réalité.

La dernière étape du processus consiste à faire appel à la faculté de l'imagination, apprendre à prier ou encore à s'apercevoir, en fermant les yeux, que la réalité, Dévoilement de l'Immanence, est emplie de vitalité et de bien. Par-là, on puisera les forces de se confronter harmonieusement à ces âmes enfantines, ou, pour mieux dire, sublimes, de qui on reçoit des cours de travail sur soi de la première importance.

(Traduit et adapté par Maïmon Retbi)