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"Béhar"


Dr Michaël Aboulafia

Comment se mesurer avec un enfant

qui souffre de troubles de communication et de concentration


En général, l'enfant ne souffre pas seulement de problèmes de concentration mais aussi d'autres phénomènes secondaires : oubli, problèmes moteurs, manque de maîtrise de soi et de coordination dans les mouvements, difficultés à écrire, à dessiner, à se retrouver, dans l'espace ou dans tout autre cadre. De là, des relations interrelationnelles négatives avec la famille. Les parents qui se sentent impuissants souffrent d'un complexe de culpabilité.

Pourtant, en règle générale, l'enfant est intelligent et possède un style de pensée et un univers créateur tout particuliers qui peut friser le génie. Souvent aussi, il est très convivial et a une propension à devenir moniteur. Souvent aussi, sa richesse affective et intellectuelle témoigne d'une grandeur d'esprit. Il n'a besoin que de s'aérer, d'être pris comme il est et d'être apprécié dans toute la profondeur de son être.

Comme toujours, le traitement se divise en trois stades :

  1. "Eloigne-toi du mal" (Ps. XXXIV, 15) -

L'enfant ne doit absorber ni colorants alimentaires ni sucre blanc. L'Internet et la télévision sont ses pires ennemis parce qu'ils le submergent au point de bloquer son monde créateur singulier. On doit s'adresser à lui en acceptant le fait qu'il est différent et éviter soigneusement de ne pas faire de la table de Shabbat ou de la synagogue un cadre pénible et lourd, avec beaucoup d'exigences et peu de plaisir.

  1. "Fais le bien" (ibid.)

Il a besoin d'être pris à part, d'être aimé, de pouvoir recevoir et donner. En général, la créativité et le sport lui conviennent. Parfois aussi, il lui faut des activités éducatives "non formelles", adhérer à un mouvement de jeunesse, par exemple.

  1. "Recherche la paix et poursuis-la" (ibid.)

Les enfants qui souffrent de troubles d'attention et de concentration ont besoin, répétons-le, d'entretenir des liens affectifs intenses, de recevoir sans fin et d'attendre de nous de comprendre que, semble-t-il, ils sont venus dans ce bas-monde pour retransmettre des messages qui échappent à d'autres, pourtant considérés comme plus doués.

Rav Shlomo Aviner

Rabbi 'Haïm Druckman, un grand homme !



Le Rav 'Haïm Druckman a reçu le "Prix Israël". Voilà une nouvelle qui a bien de quoi nous réjouir. Non seulement parce qu'il est mon Maître et mon Rav mais aussi parce qu'il est considéré tel par des dizaines de milliers d'autres personnes.

Jeune-homme, j'ai eu le privilège d'être l'un de ses disciples. Immédiatement, j'ai compris qu'il était un érudit en Torah authentique, empli de qualités morales, de crainte envers l'Eternel, de Torah et de chaleur, un "Sage d'Eretz-Israël véritable", me dis-je en moi-même, tout feu tout flamme, l'incarnation du Rav idéal !

Un Rav "dans les normes", au sens littéral de l'expression, qui n'est pas extrémiste, qualité qu'on ne saurait prendre à la légère. Maïmonide n'a-t-il pas maintes fois répété que le juste milieu, le moyen- terme entre les deux extrêmes, voilà la Voie de l'Eternel ? Voie sublime voulue de Lui, celle qu'Il prescrit de suivre (d'après Sources, passim) et ce, parce qu'avant d'avoir été le disciple de Moïse pour ce qui est de l'Etude, il est celui de notre ancêtre Abraham pour ce qui est des qualités morales. C'est pourquoi il est un éducateur authentique, le vrai Ministre de l'Education de l'Etat d'Israël, pour reprendre les termes de notre Maître, le Rav Tzvi-Yéhouda. Educateur éminent, parce qu'il voit le bien inhérent en chaque personne, c'est pourquoi il les aime toutes, et la réciproque est vraie.

Mais cet amour n'est pas une manière superficielle de remercier, de flatter, mais, tout simplement, l'expression du bien qu'il possède sans partage, amour envers les Juifs et les non Juifs aussi, lui qui dirige un institut de conversion au judaïsme qui a permis à plus de cinquante mille personnes d'entrer à part entière dans notre peuple. Le "Béné 'Akiva" (mouvement de jeunesse religieux sioniste), les "lycées-yéshivot" et même les "yéshivot-hesder" (où les jeunes étudient dans le cadre de l'armée) le considèrent comme leur Maître.

Même dans sa propre maison, des enfants à problèmes ont trouvé refuge, comme s'il n'avait pas ses propres soucis ! Mais lorsqu'on est généreux, on l'est jusqu'au bout, comme le veut la Torah. Sans parler de son épouse, la Rabbanite "Sarah, médecin dévouée, pas moins grande que lui.

En politique aussi, l'art d'éduquer la nation, il a reçu les directives du Rav Tzvi-Yéhouda, l'homme politique étant sensé être investi de cette mission. "Educateur", il l'est donc pour le collectif comme pour le simple particulier, érudit qui, constamment, sanctifie le Nom de l'Eternel suivant les principes érigés par nos Sages du Talmud (Traité Yoma fin) et de Maïmonide (Hilkhot Yessodé Hatorah 5 fin), se préserver de toute transgression, parler avec calme, être à l'unisson avec le commun des mortels, faire bon visage, ne pas répondre à l'insulte, respecter tout le monde, même ceux qui lui manquent de considération, traiter ses affaires avec confiance religieuse, être l'objet de louanges pour son comportement exemplaire, lui de qui il est dit : "Tu es Mon serviteur, toi par qui Je Me couvre de gloire." (Is. XIL, 3).

En fait, il fait partie de ces Sages, Maîtres d'eux-mêmes, "Qui ne répondent pas aux insultes qu'ils essuient" (Sources passim). Oui, que d'insultes, que d'outrages n'a-t-il pas essuyé sans mot-dire. A lui aussi, cela fait mal, mais il ne répond jamais à l'affront, en homme humble véritable qu'il est, "Juste dévoilé" (connu de tous comme tel), "caché" (inconnu) aussi, d'une personnalité si apparente, si resplendissante, si agissante, qu'on croirait la saisir tout entière. En réalité, par pudeur, il cache infiniment plus qu'il ne dévoile, n'inclinant guère à se montrer, mais nul doute qu'il a en lui une puissance de sainteté cachée dont on ne voit que la surface.



(Traduit et adapté par Maïmon Retbi)